la pièce"les sources de la liberté,écrite et réalisée par Claude AUBRY,dans laquelle je jouais le rôle d'une prophètesse camisarde(voir l'article théatre),est une histoire bien connue maintenant mais à boucoiran il s'est passé quelque chose,dans la nuit du 9 au 10 août 1669.Jai réussi à me procurer le texte écrit par notre érudit de boucoiran"Henry RAMBUIS"...
-Dans la terreur des dragonnades à la suite de la révocation de l'édit de Nantes,en 1685,beaucoup de huguenots ont abjuré,les temples sont rasés,les pasteurs en exil.Mais bientôt la protestation des conciences opprimées de ceux qui n'ont pas abjuré,amène ces derniers à se réunir en des lieux sauvages,dans des combes entourées d'un lacis inextricable de buissons,sous le couvert des bois de chênes vets,enfin tiout lieu inhabité,et que l'on appellera"les assemblées du désert";C'est l'une de ces assemblées,qui s'est déroulée dans notre commune de Boucoiran et Nozières,au lieu-dit"Campcros",-allon situé dans les bois de Nozières-,dans la nuit du 9 au 10 août 1669,que je vais vous raconter.
-A la nuit tombante,par petits groupes venant de Domessargues,Boucoiran,Brignon,St Bénézet et de tous les villages environnants,les réformés se rassemblent à Campcros.Heureux,contents et réconfortés,ils écoutent la parole du prédicant Roman qui les exorte au courage et les fortifie dans leur foi.La nuit s'avance et,à l'aube,il faut bien se séparer.Mais voilà parmi l'assemblée,il y a un judas,un traitre,et quand le prédicant Roman veut monter sur son cheval,sortis des buissons les dragons le saisissent,le frappent,le ligottent et l'amène,prisonnier à Boucoiran où il est incarcéré à l'hostellerie de la Croix-Blanche.Blessé,il est à nouveau ligoté sur un lit dans une chambre et,pour qu'il ne puisse pas s'échapper,le lieutenant de Prévot fait sceller la fenêtre avec des planches et de gros clous.Ce que l'on appelle alors à l'époque un chirurgien,arrive pour panser ses plaies,mais aussi pour qu'il puisse supporter le sévère interrogatoire du lieutenant de Pévot.Ce dernier ne lui fera avouer que son identité:JeanRoman,du village de Vercheny en Dauphiné,mais aucune parole ne sera prononcée qui pourrait faire le moindre tord à un de ses frères en religion.
-Le 20 août au matin,c'est la foire de la st-Laurent qui anime de ses transactions le Bourg de Ledignan.Si la foire est un lieu où se traitent les affaires,c'est aussi une bonne occasion de rencontrer des amis,des parents et d'échanger des nouvelles;et bien vite on apprend l'arrestation du prédicant Roman.Très discrètement,parmi les réformés,la décision est prise de le délivrer.Une cinquantaine d'hommes déterminés se donnent rendez-vous à la nuit,au croisement des chemins de Ners,Boucoiran et Anduze.Au milieu de la nuit,cette troupe,forte de cinquante hommes armés d'une vingtaine de fusils,de haches et d'épées,traverse Boucoiran.Ils sont devant la lourde porte ferrée de l'hostellerie de la Croix Blanche,contre laquelle les haches n'ont aucun effet,et c'est à l'aide d'une longue poutre qu'ils arrivent à l'enfoncer.Des fenêtres,les archers tirent sur les assaillants et blessent le chef de l'expédition;un archer,atteint d'un coup de fusil à la tête,tombe mortellement blessé.La résistance s'arrête,les archers et leur chef se rendent.Bien vite les cordes qui ligottent le prisonnier sont coupées et il est emporté sur les épaules de ses libérateurs et soigné dans un lieu tenu secret.Le coup de main n'aura pas duré une demi-heure
___________Epilogue:
-Suite à ce coup de main libérateur,les arrestations se multiplieront et frapperont huit des libérateurs et encore plus nombreux ceux et celles qui avaient participé à l'assemblée de Campcros.Prison et même peine de mort seront prononcées.Toutefois une trentaine de libérateurs et le prédicant Roman pourront se réfugier dans des pays huguenots voisins et mettre la frontière entre eux et la justice royale.Quand au lieutenant des archers...il sera révoqué par le roi.
Henry RAMBUIS


